Le 1er janvier 2026, une ligne de calcul a changé dans le diagnostic de performance énergétique. Elle n'a fait la une nulle part, et elle a pourtant fait sortir environ 850 000 logements du statut de passoire thermique — sans qu'un seul coup de marteau soit donné.
Ce qui a changé exactement
Le DPE ne mesure pas l'électricité que vous consommez : il mesure l'énergie primaire, c'est-à-dire ce qu'il a fallu produire pour vous l'amener. On multiplie donc les kilowattheures du compteur par un coefficient. Ce coefficient valait 2,3 depuis toujours. Depuis le 1er janvier 2026, il vaut 1,9 — c'est l'arrêté du 13 août 2025.
Les seuils des classes, eux, n'ont pas bougé d'un kilowattheure. Un logement chauffé à l'électricité voit donc mécaniquement sa consommation en énergie primaire baisser d'environ 17 %, et son étiquette s'améliorer parfois d'un cran. Aucun logement ne peut se dégrader du fait de cette réforme : c'était la condition posée.
Ce qu'il faut faire si vous avez un DPE d'avant
Il reste valable — un DPE court dix ans. Mais s'il concerne un logement chauffé à l'électricité, il est peut-être plus sévère que la réalité réglementaire d'aujourd'hui. Une attestation de mise à jour est téléchargeable gratuitement sur l'observatoire DPE-Audit de l'ADEME, sans nouvelle visite de diagnostiqueur et sans frais.
Sur un bien classé F ou G au chauffage électrique, ça vaut les cinq minutes : la différence entre G et F, ce n'est pas une lettre, c'est le droit de louer.
Ce que ça ne change pas
Soyons clairs, parce que c'est là qu'on nous pose des questions : une maison mal isolée reste une maison mal isolée. La réforme change l'étiquette et les obligations qui s'y rattachent. Elle ne change ni le confort, ni le montant du chèque au fournisseur d'énergie. Le froid en février se moque des coefficients.
Et le calendrier d'interdiction de location n'a pas bougé non plus. En l'état de la loi au 1er septembre 2026 : les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, les F le seront au 1er janvier 2028, les E au 1er janvier 2034. L'interdiction porte sur les nouveaux baux, les renouvellements et les reconductions tacites — pas sur la rupture des baux en cours.
La règle que presque personne n'explique
Voilà pourquoi tant de propriétaires sont déçus après des travaux d'isolation. Le DPE mesure deux choses : l'énergie primaire, et les émissions de gaz à effet de serre. Et il retient la moins bonne des deux.
Un logement à 150 kWh/m²/an serait classé C sur l'énergie. S'il émet 60 kg de CO₂ par mètre carré et par an, il est D sur le carbone. Il est donc D. Point.
Conséquence directe : sur une maison au fioul, isoler divise les kilowattheures mais ne change rien au contenu carbone d'un litre de fioul. L'étiquette reste tirée vers le bas par la seconde échelle, quels que soient vos efforts sur les combles et les murs. C'est arithmétique, ce n'est pas une injustice — mais ça devrait être dit avant les travaux, pas après.
À l'inverse, changer de générateur agit sur les deux échelles à la fois. C'est pour ça qu'une pompe à chaleur débloque souvent deux classes là où trois gestes d'isolation n'en donnent qu'une — et depuis janvier, elle bénéficie en plus du nouveau coefficient de 1,9.
Et les gains ne s'additionnent pas
Dernière chose, et elle explique beaucoup de déceptions. On lit partout que l'isolation des combles fait gagner 30 % et celle des murs 25 %. On additionne : 55 %. C'est faux.
Une fois les combles isolés, l'isolation des murs porte sur une consommation déjà réduite, pas sur celle du départ. 30 % puis 25 % font 47,5 %, pas 55. Sur quatre gestes, l'écart devient considérable — et c'est ce qui sépare les simulateurs optimistes des estimations qui tiennent.
Nous avons construit le nôtre en tenant ces trois règles : calcul geste après geste sur ce qui reste, application du double seuil, et prise en compte du nouveau coefficient. L'estimateur de gain énergétique vous dit combien de classes vous pouvez espérer — et surtout, quand c'est le carbone qui bloque, il vous le dit.
Ce que cet outil n'est pas
Ce n'est pas un DPE, et ça ne peut pas en tenir lieu. Un diagnostic de performance énergétique ne peut être établi que par un diagnostiqueur certifié par un organisme accrédité, indépendant du propriétaire comme des entreprises de travaux. Lui seul est opposable, et lui seul figure dans un dossier de vente ou de location.
Un dernier mot sur les économies annoncées. Plusieurs études portant sur des dizaines de milliers de logements montrent que les économies réelles sont nettement inférieures aux projections. Deux raisons : la méthode réglementaire repose sur des scénarios conventionnels et non sur vos usages, et une fois le confort atteint, on chauffe un peu plus, on chauffe des pièces qu'on ne chauffait pas. Ce n'est pas de l'argent perdu : c'est du confort gagné qui ne se lit pas sur la facture.
- L'estimateur de gain énergétique — à jour du coefficient de 1,9
- Le carnet de visite — si vous achetez, le DPE et sa date font partie des 22 points
- Le chiffrage en ligne — pour le budget des travaux
Écrit par l'équipe d'Atelier ERÈS
Entreprise générale de rénovation, construction et aménagement — Bassin d'Arcachon, Landes, Bordeaux, Dordogne. Nous chiffrons, nous montons les dossiers, et nous menons les chantiers avec un seul interlocuteur.